Temps de réaction et défense de la cible

Le vu, le visible et l'invisible

En volley-ball, l'attention du spectateur se focalise naturellement sur les frappes. A partir de là, les interprétations des causes, des réussites ou des échecs tendent à rester centrées sur le geste de frappe.

Or, la frappe n'est que la partie la plus spectaculaire et la plus prégnante d'une action complexe. Elle est le dernier maillon d'une chaîne de processus dont certains sont visibles mais négligés et d'autres sont invisibles mais tout aussi importants.

Le vu, le visible et l'invisible

Le temps de réaction est absolument déterminant pour l'action en volley-ball. Il désigne le délai qui s'écoule entre la présentation d'un stimulus et le début de la réponse. C'est-à-dire le temps requis par les opérations de prise d'information, de traitement de l'information, de sélection de la réponse et de commande motrice. Il a été étudié dès le XIXème siècle et abondamment depuis dans différents contextes expérimentaux.

Cela a permis d'établir un certains nombre de connaissances et de modèles qui éclairent l'intervention en volley-ball.

Temps de réaction et incertitude

On distingue le temps de réaction simple, quand une réponse unique correspond à un stimulus unique, et le temps de réaction de choix, quand il y a plusieurs possibilités de stimuli et de réponses.

Le simple passage d'une à deux possibilités augmente le temps de réaction de 58% ! Ce sont des dixièmes de secondes mais cela représente en volley-ball plusieurs mètres de déplacement pour un joueur, même très jeune, comme on le voit sur les vidéos.

On comprend, dès lors, l'intérêt tactique qu'il y a à créer de l'incertitude pour l'adversaire et à s'organiser collectivement pour réduire l'incertitude dans son propre camp.

Le traitement de l'information

Il a été démontré que les capacités d'attention et de traitement d'informations dans un temps donné sont limitées. Ainsi, dans les sports de balles ou de ballons, d'opposition duelle ou collective, les experts se différencient des débutants par des stratégies de prise d'informations visuelles plus performantes.

Ces stratégies font partie intégrante des habiletés techniques acquises par les joueurs mais elles échappent au simple spectateur. Il semble également que cette expérience accumulée leur permet de gagner du temps en se pré-orientant vers les alternatives les plus probables.

En volley-ball, apprendre à faire c'est donc également, en même temps, apprendre à voir et à choisir. C'est apprendre à sélectionner et hiérarchiser les informations pertinentes, à traiter peu d'informations dans l'ordre adapté pour agir juste et vite.

Tu dors ou quoi ?

L'état de vigilance ou d'éveil influe sur le temps de réaction. Dans les tâches complexes comme le volley-ball, si le niveau d'éveil est bas, le temps de réaction est trop long. Il est optimum pour un niveau élevé mais, au-delà, un état d'éveil excessif (excitation, stress) perturbe les mécanismes de traitement de l'information et de décision, et donc la performance. De plus, l'état de vigilance n'est pas un état stabilisé permanent.

Apprendre à jouer au volley-ball, c'est donc apprendre à gérer, sur des phases de jeu identifiées, des états d'éveil et de disponibilité perceptive et motrice optimums. C'est une des formes du "contrôle de soi" que l'on développe.

Réflexe ou automatisme

On entend parfois dire qu'un joueur "a de bons réflexes" parce qu'il est rapide. En réalité, les actions réflexes sont rares dans les activités sportives. Les réflexes sont des réactions simples, archaïques, pré-programmées et involontaires à des stimuli particuliers. On peut citer les réflexes de rééquilibration ou de protection.

Paradoxalement la dimension éducative de la formation en sport consiste souvent à remplacer des réponses réflexes inadaptées par des actions apprises plus efficaces. Par exemple, sur un ballon rapide ou proche (au contre), les élèves auront le réflexe de protection consistant à fermer les yeux. Par la suite, ils les garderont ouverts pour voir le ballon. Au fil de la formation, ces réponses seront automatisées à travers un volume de pratique important.

L'automatisation présente le double avantage de :

  • Décharger l'attention du contrôle du mouvement (le joueur qui a automatisé son déplacement ne "pensera plus à ses pieds" et restera disponible pour percevoir son environnement).
  • Permettre un temps de réponse plus court.

Cependant, en dehors du service qui constitue une tâche très particulière, le joueur n'est jamais deux fois dans des conditions d'action strictement identiques (variations de temps, de distances, de placements des différents joueurs, etc.). L'automatisation ne peut donc pas être la répétition d'un stéréotype gestuel, mais la stabilisation d'un mode d'action à la fois efficace et adaptable.

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